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En exclusivité, deux inédits du Fonds Maxence Van der Meersch, une nouvelle et un article, avec l'aimable autorisation de la municipalité de Wasquehal.


Lettre d’amour

Depuis longtemps déjà, le menage du Dr Gerard Merlier allait cahin caha. xxxxxxxx Mme Merlier soupçonnait son mari d’entretenir des maîtresses. Elle se montrait d’humeur inabordable, changeait de bonne toutes les semaines, faisait au pauvre docteur la vie impossible, poussait la jalousie jusqu’à écouter derrière la porte de son cabinet les conversations qu’il pouvait tenir à ses clientes sur wwwwwwwww l’’hygiène alimentaireou l’usage des purgatifs… Elle etait fort riche. Elle manifesta bientôt la volonté d’y voir clair dans la gestion de sa dot, fit subir à son mari mille petits outrages, Le brave homme, las de cette vie d’enfer, chercha et trouva au-dehors des distractions – jusqu’au jour où d’un commun accord, les deux époux deciderent de se separer. Divorces, c’est bientôt dit. Encore faut-il des raisons. Et puis, ni l’un ni , l’autre des époux ne pretendait obtenir le divorce " a ses torts ", - ni même " à torts reciproques ".
wwwwwwww Or, vers ce temps là, quelques semaines avant leur separation, wwwwww le Dr Merlier xxxxxxxxxxxx crut s’apercevoir que sa femme, la nuit, nevait fouiller ses poches. Il ne dit rien, plaça, un soir, avant de se coucher, une xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx un cheveu plié en cavalier à l’interieur de son porte feiuille, - et le cheveu xxxxxxxx n’etant plus en place le lendemain matin, - acquit ainsi la certitude qu’on venait nuitamment chercher parmi ses papiers wwwwwwwwwww une arme eventuelle en vue du divorce.
Le Dorcteur reflechit toute la journée. Le Dr Merlier etait un homme methodique, - Il reflechit toute la journée sur ce petit fait xxx qu’il venait d’apprendre. Le reusltat de ses meditations fut une longue missive, qu’il ecrivit d’une ecriture anguleuse, et artificiellement feminisée… wwwwwwww Il la relut, Il la secha soigneusement, la plia en quatre, puis la deplia et la froissa vigoureusement. Puis Et il en arracha la moitié, la roula en boule et la fourra negligemment dans la poche droite de son veste. Le reste de la missive, il le glissa dans une enveloppe, avec une seconde epitre, adressée au President du tribunal Cibial, et qu’il signa cette fois de son nom. Sur l’enveloppek il libella sa propre adresse : Monsieur le Dr Mercier. Recommandée. Et il wwwwwwwww porta la lettre a la poste. Il la reçut le lendemain wwwwww se garda de l’ouvrir, mais la porta déposa dans son coffre personnel, en banque. Quant au chiffon de papier intentie Quant au fragment dxxxexx la premierre lettre, intenetionnellement chiffonné et laissé dans la poche de son veston, il avait eu le plaisir, dès le matin, de s’apercevoir qu’une main furtive l’avait, au cours de la nuit, dextrement subtilisé.
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Madame Merlier se rendit chez son avocat le jour suivant.
- Maître, j’apporte enfin la une preuve !
xxxxxxxxxxxxxxxxEt eElle jetait sur le bureau de l’avocat un fragment de lettre tout fripé. xxxx Maître GMayard s’en saisit, wwwwwwwwwwwwwww comme un chat d’une souris, et, myope, fit courir sur les lignes le bout de son long nez blafard. Il sursauta ! Parfait ! Parfait ! Nous le tenons ! Ah les bandits ! Voilà une lettre d’amour, où je ne m’y entends plus ! Quelq termes ! Quelle flamme ! Une exaltée, Une passionnée, cette petite, ça se sent rien qu’à l’ecriture ! Eh bien chère madame, votre Mari est fichu ! Inutile que nous cherchions d’autres preuves. Je vais telephoner à l’agence mystère de cesser sa surveillance… Nous avons tout ce qu’il nous faut, arretons les frais. Je xxx crois maintenant pouvoir vos promettre une jolie pension alimentaire
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Il y avait peu de monde, dans ls salle du Tribunal. dans un coin, sur une banquette de velours vert, Madame Merlier, tendue, avide, buvait les paroles de son avocat. Maître Gayard en donnait à sa cliente pour son argent. Il beuglait, agitait les manches, designait s’un doigt vengeur le Dr Merlier, qui, paisible, lui tournait le dos et parlait bas avec me Duloing son défe,seur, me Duloing.
- Oui, hurlait Maître Mayard… Notre cliente, Messieurs, a vecu quinze années durant une vie d’enfer, sous la lourde tyrannie d’un etre aux bas instincts. Non content de se mohtrer au foyer conjugal le plus martyrisant des tortionnaires, il allait au dehors, par toute la ville, se livrer à la debauche et l’adultère. Il dilapidait avec de viles creatures le patrimoine apporté par notre cliente ! Il entretenait une jeune personne de mœurs douteuses… Une certaine xxxxxxx leonie, parfaitement, chez qui il allait sarisfaire ses bas instincts, et qui… Mais de ces assertions hardies vous reclamerez sans doute des la preuves, de ces assertions hardies. hé bien la voilà !, la preuve !
Il brandissait un fragment de lettre chiffonné
Je lis, pour l’edification du tribunal, wwwwwwwwwwwwwwwwwwww ! Je lis, pour qu’on puisse juger quels etaient les rapports esacts de notre adversaire et de cette creature…
26 mai 1933
Mon petit Gerard tout en sucre,
J’ai vainement attendu ta lettre ou ta visite. Je comprends que ta femme te retienne, mais je souffre tant loin de toi ! Quand donc seras-tu libre ! Il y a des cas ou le crime devrait etre permis, n’est ce pas ? Quand donc t’aurais-je à moi, tout à moi, wwwwwwww, et pour toujours, - Quand pourrons nous librement nous retrouver xxxxxx, pour revivre ces minutes wwww enivrantes dont les souvenir…
J’aurais honte, Messieurs, de poursuivre… Mais je pense que notre adversaire ne tient pas non plus à ce que j’achève la lecture de ce fragment, nx malheureusement incomplet, puisque nous n’avons retrouve dans la poche que ce morceau dechire – et qu’il ne s’obstinera plus, devant de telles preuves, à nier l’evidence. Je ne vois plus en effet, contre une telles pareilles pièces, ce que pourrait alleguer....
C’est à ce moment que xxxxxxx Maître Duloing, le petit avocat tout rond, tout rouge, tout jovial, qui assistait le Dr Merlier, demanda fort poliment l’autorisation d’interrompre la plaidoirie. – Mon client, Messieurs les juges, annonça-t-il de sa voix fluette, declare posseder dans cette lettre… Il montrait un pli fermé, - la reponse decisive aux arguments de la partie…
Il y eut un instant de grand etonnement… Ceremonieusement, Me Duloing s’avançait, deposait sur le ureau du Pst lenveloppe fermée… Amusé Curieux, le Prt la prit, la retourna : - Mais elle ne m’est pas adressée, Maître Duloing, observa-t-il. Elle porte la mention ‘ A Monsieur le Dr Mercier. ww –
Mon cleint insiste neammoins, Mr le President, pour que vous en preniez connaissance vous même. - Connaissez Savez vous son contenu ?
- Je vous affirme que je l’ignore absolument. Le Dr merlier n’a rien voulu me dire de plus… - He bien ouvrez la vous même devant nous, maître Duloing, dit le Prt, fort amusée. Et donnez nous en lecture. - Je ferai remarquer au triibunal, zvant d’ouvrir, la date de la poste, La lettre est vieillede plusieurs moi. 26 Mai 1933 : Lxxxxxe même date que la lettre d’amour lue tout a l’heure par notre adversaire… De plus, la presente n’a jais été ouverte. Les cachets sont intacts. Je les romps à present…
Manches troussées, très haut, avec des gestes de prestidigitateur qui ne veut pas être soupçonné, il décachetait le pli le pli. Il en tira d’abord un fragment tout foissé ; - le reste de la fameuse wwwwww missive d’amour. Puis une lettre xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx qu’il lut tout haut Il fit voir que les dechirures se raccordaient exactement. Puis il sortit de l’enveloppe un 2è papier, qu’il lut tout haut
A Mr le Pt du T.C.
M le Pt
Je pressens, à la suite de conflits domestiques, que j’aurai incessamment à demander le divorce. Or, je me suis aperçu que depuis quelque temps ma femme fouillait dans mon portefeuille, - viomlant ainsi le secret professionnel qui m’incombe en qualité de ùedecin. Je redige donc au jourd’hui une lettre d’amour, fictive, adressée à moi même et signée d’une mythologique Leonie. J’en mets une moitié dans ma poche à l’adresse intention de ma femme. Voici l’autre moitié. Vous jugxxxx serez a même dejuger ainsi la valeur à attacher à la preuve qu’elle xxxxxxxxx apportera certainement devant vous…
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Il faut être une
- Canaille ! Hurlait Maitre Wmayard, xxxxxxx un quart d’heure après, ds la bibliotheque desavocats ! Il faut être un bandit ! un Machiavel ! wwwww Je ppuvais avoir d’autres preuves, j’ai tout laissé tomber, j’ai cru cela bien suffisant ! Ah ! la frippouille ! Non ! Ce n’est pas un tour à faire !
- Je vous comprends, mon vieux… Je vous comprends… glissait Duloing, l’air compatissant, et qui riait sous cape. Mais il m’etait impossible de deviner un truc pareil, n’est ce pas ? Croyez bien que si j’avais pu savoir, mon cher confrère…
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Les coquilles sont celles du tapuscrit (3 pages).


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« Ce qui assure à l’œuvre de Zola sa pérennité » (sans titre)

Ce qui assure à l’œuvre de Zola sa pérennité, c’est qu’il est l’écrivain des jeunes. Ceux de vingt ans le liront toujours avec enthousiasme et la passion que j’ai connus, comme tant d’autres. Et pour eux comme pour moi, pour tous ceux qu’une généreuse intolérance devant les iniquités du monde, jette dans la révolte et fait rêver de bouleversements vengeurs, Germinal et l’Assommoir, désormais, restent les livres nécessaires, inoubliables, et innimitables, où l’on nous retrouveons le même l’écho de ses nos propres indignations. Quelques reproches qu’on puisse par ailleurs lui faire, Zola, d’abord On peut lui faire des reproches, - mais Zola au dessus de tout, - fut hanté du plus noble rêve de justice sociale. Et cela suffit à consacrer sa grandeur. [...]
Les buts restent les mêmes : Plus de justice, plus de vérité. Il est bon de se le rememorer, quelquefois, devoquer cette passion, cette flamme, ces revoltes, ces pitiés, ces tendresses, - toutes ces espèrances et ces rêves que nous puisions dans Zola, dont notre adolescence s’est exaltée, et que notre age mur doit garder comme fin et comme ideal, à réaliser par d’autres voies, mais du même cœur !

Dernière mise à jour :
25/05/2010